{"id":2263,"date":"2026-05-29T10:51:37","date_gmt":"2026-05-29T10:51:37","guid":{"rendered":"https:\/\/bt.travelblox.eu\/?p=2263"},"modified":"2026-05-29T10:58:03","modified_gmt":"2026-05-29T10:58:03","slug":"randonnee-pics-des-balkans-mon-experience-sur-le-balkan-trail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bt.travelblox.eu\/fr\/randonnee-pics-des-balkans-mon-experience-sur-le-balkan-trail\/","title":{"rendered":"Randonn\u00e9e \u00ab Pics des Balkans \u00bb : mon exp\u00e9rience sur le Balkan Trail"},"content":{"rendered":"\n
Quand j\u2019ai parcouru le Jordan Trail l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement conquise. Marcher tous les jours pendant une semaine et s\u2019\u00e9crouler le soir, combl\u00e9, parce que le corps peut enfin \u00ab s\u2019activer \u00bb comme il se doit. De retour en Belgique, tout m\u2019a sembl\u00e9 \u00e0 nouveau aller un peu trop vite. Alors oui, il ne me restait qu\u2019une seule conclusion logique : je devais absolument refaire un trek.<\/p>\n
En juillet 2025, ce sera le Balkan Trail<\/strong><\/a> de Travelbase<\/strong>. L’itin\u00e9raire suit l’un des plus beaux tron\u00e7ons des Pics des Balkans<\/strong>, \u00e0 travers l’Albanie, le Kosovo et le Mont\u00e9n\u00e9gro<\/strong>. Trois pays en une semaine, mais surtout un immense univers montagneux o\u00f9 l’on passe de vall\u00e9e en vall\u00e9e en se disant sans cesse : \u00ab Ce n’est pas possible, c’est trop beau pour \u00eatre vrai ! \u00bb<\/p>\n Je vais te raconter \u00e0 quoi ressemblaient mes journ\u00e9es sur le Balkan Trail<\/strong><\/a>, comment j\u2019ai perdu mon t\u00e9l\u00e9phone, comment j\u2019ai v\u00e9cu cette exp\u00e9rience en tant que sportive moyenne et ce que \u00e7a fait de manger avec des centaines de petits papillons bleus qui virevoltent autour de toi.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n\n Pour moi, il n\u2019y a rien de plus agr\u00e9able que de vivre quelque temps \u00e0 la montagne. Loin des \u00e9crans, de l\u2019agitation et des obligations. Juste marcher, manger, dormir, et recommencer<\/strong>. Une vie au ralenti, mais avec une vue qui vous fait parler tout bas, spontan\u00e9ment.<\/p>\n Et ce qui est g\u00e9nial, c\u2019est que c\u2019est un retour aux sources, mais pas du genre \u00ab se priver jusqu\u2019\u00e0 en claquer des dents \u00bb. On dort \u00e0 proximit\u00e9 de g\u00eetes, on peut prendre une douche, il y a des toilettes, et le soir, on s\u2019assoit \u00e0 table pour un repas qui a bien meilleur go\u00fbt parce qu\u2019on l\u2019a vraiment m\u00e9rit\u00e9. Souvent, une telle soir\u00e9e se termine par un repas chaud, un morceau de b\u00f6rek, une bi\u00e8re ou un verre de rakija, et des histoires qui surgissent naturellement quand tout le monde est fatigu\u00e9 et heureux.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n J’ai pris l’avion depuis Bruxelles et je suis parti en solo cette fois-ci, mais ce \u00ab solo \u00bb n’a en fait dur\u00e9 que jusqu’au tapis \u00e0 bagages. \u00c0 l’a\u00e9roport de Tirana, j’ai tout de suite fait la connaissance de quelques personnes du groupe. On se reconna\u00eet assez vite l\u00e0-bas : un gros sac \u00e0 dos, des chaussures de randonn\u00e9e, ce visage un peu nerveux mais super enthousiaste\u2026 on sait tout de suite pourquoi tout le monde est l\u00e0.<\/p>\n Le groupe \u00e9tait bien mix\u00e9<\/strong> : \u00e0 peu pr\u00e8s autant de N\u00e9erlandais que de Belges, et d\u00e8s le d\u00e9but, l\u2019ambiance \u00e9tait tr\u00e8s agr\u00e9able. \u00c0 notre arriv\u00e9e, la navette Travelbase est venue nous chercher et, moins d\u2019une demi-heure plus tard, nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel \u00e0 Tirana. Je partageais la chambre avec une autre jeune femme. Une petite douche, un changement de v\u00eatements, quelques mots\u2026<\/p>\n Avec quelques membres du groupe, nous sommes ensuite all\u00e9s en centre-ville pour manger et boire un verre. Profiter encore un peu du luxe avant de partir \u00e0 la d\u00e9couverte de la nature. Nous avons fini dans un bar sur le toit \u00e0 Tirana, le genre d\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on a une vue sur la ville et o\u00f9 tout le monde s\u2019attarde automatiquement un peu plus longtemps que pr\u00e9vu.<\/p>\n Cette nuit-l\u00e0, je me suis gliss\u00e9e une derni\u00e8re fois dans un lit moelleux dans une chambre climatis\u00e9e, et je ne pensais qu’\u00e0 une chose : profite bien, car d\u00e8s demain, on troquera tout \u00e7a contre des tentes, l’air des montagnes et le ciel \u00e9toil\u00e9. Et secr\u00e8tement, c’\u00e9tait ce que j’attendais le plus.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Nous nous sommes r\u00e9veill\u00e9s \u00e0 l’h\u00f4tel Marinaj<\/strong> et nous nous sommes imm\u00e9diatement pr\u00e9cipit\u00e9s vers le petit-d\u00e9jeuner. C’\u00e9tait un buffet copieux proposant des options sucr\u00e9es et sal\u00e9es, chaudes et froides Un petit conseil si jamais vous y allez : go\u00fbtez la cr\u00eape \u00e0 la pistache. Rien que pour \u00e7a, je serais presque pr\u00eate \u00e0 y retourner.<\/p>\n Comme nous ne devions partir qu’aux alentours de 11 heures, nous avions encore un peu de temps pour organiser le repas du midi. Nous avons rapidement achet\u00e9 quelques snacks, fait le plein d’eau, puis pris la navette en direction de Theth<\/strong>. Dans le bus, on voit la vie urbaine de Tirana s’estomper peu \u00e0 peu. Le b\u00e9ton laisse place \u00e0 la verdure, l’agitation fait place au silence, et soudain, des montagnes surgissent de partout<\/strong>.<\/p>\n En chemin, nous avons fait une halte \u00e0 un point de vue, un de ces moments o\u00f9 tout le monde se tait instinctivement et se met \u00e0 prendre des photos. Un avant-go\u00fbt de ce qui nous attendait les jours suivants.<\/p>\n Une fois arriv\u00e9s \u00e0 Theth, l’ambiance \u00e9tait tout de suite conviviale au camp de base<\/strong>. C’est l\u00e0 que nous avons fait la connaissance des autres guides. Nous avions d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 l’un d’entre eux \u00e0 l’a\u00e9roport et dans le bus, mais les autres \u00e9taient nouveaux pour nous. Ils nous ont distribu\u00e9 le mat\u00e9riel de location<\/strong> et ont pris le temps de tout nous expliquer sur le mat\u00e9riel de camping<\/strong>.<\/p>\n Nous avons ensuite pris un verre et le buffet a rapidement \u00e9t\u00e9 servi. Dans notre groupe, tout le monde avait opt\u00e9 pour les Balkan Meals<\/strong>. Car soyons honn\u00eates : rien ne vaut la nourriture fra\u00eeche et locale pendant un trek.<\/p>\n Apr\u00e8s le repas, tout le monde est rest\u00e9 un peu pour bavarder, faire connaissance\u2026 mais je sentais aussi que mon corps passait d\u00e9j\u00e0 en \u00ab mode trek \u00bb. Je me suis donc gliss\u00e9 assez t\u00f4t dans ma tente, car le lendemain, mon r\u00e9veil sonnerait \u00e0 6 heures et je voulais me r\u00e9veiller repos\u00e9e, pr\u00eate pour tout ce que ces \u00ab montagnes maudites \u00bb nous r\u00e9servaient.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n R\u00e9veil matinal, sortie tranquille de la tente et direction le petit-d\u00e9jeuner. C’\u00e9tait un peu plus rudimentaire que les premiers jours, mais honn\u00eatement, tout ce dont on avait besoin \u00e9tait l\u00e0. Du caf\u00e9, du pain, des sucreries, des sal\u00e9s\u2026 et ces petullas<\/strong> dont on aurait volontiers mang\u00e9 une dizaine.<\/p>\n Vers 8 heures, nous avons enfin entam\u00e9 le seul et unique Balkan Trail<\/strong><\/a>. Nous sommes pass\u00e9s devant la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9glise de Theth et, avant m\u00eame de s’en rendre compte, on se retrouve d\u00e9j\u00e0 en pleine ascension. Aujourd’hui, le col de Valbona \u00e9tait au programme, et cette ascension a une r\u00e9putation. Elle est longue, difficile, et surtout tr\u00e8s raide.<\/p>\n J\u2019ai remarqu\u00e9 que je marchais assez souvent seule aujourd\u2019hui. Non pas parce que je n\u2019avais pas envie de compagnie, mais parce que lors d\u2019une longue mont\u00e9e, je me replie automatiquement dans ma bulle. Quand il s\u2019agit surtout de monter, j\u2019aime me concentrer sur ma respiration et mon rythme. M\u2019arr\u00eater de temps en temps pour boire et regarder autour de moi. Il s\u2019agissait surtout de me remettre dans le bain du trek.<\/p>\n Au sommet du col, on est soudain accueilli par un drapeau albanais et une vue \u00e0 couper le souffle. Derri\u00e8re nous s’\u00e9tendait la vall\u00e9e de Theth, et devant nous, on apercevait d\u00e9j\u00e0 Valbona. Quelques membres du groupe ont fait une petite ascension suppl\u00e9mentaire jusqu’\u00e0 un piton rocheux juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sentier, mais j’ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 y renoncer. Avec mon vertige et le nombre important de randonneurs venant en sens inverse sur ce passage \u00e9troit, cela ne me semblait pas vraiment une id\u00e9e rassurante. J’ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester un moment sur le sentier principal pour profiter de l’instant.<\/p>\n \u00c0 notre arriv\u00e9e \u00e0 Valbona, nous avons de nouveau \u00e9t\u00e9 g\u00e2t\u00e9s par un buffet, et cela nous a sembl\u00e9 encore meilleur car tout le monde \u00e9tait fatigu\u00e9. Nous avons mang\u00e9 dehors sur des bancs confortables, entour\u00e9s par les montagnes, dans cette ambiance typique des randonn\u00e9es o\u00f9 tout le monde peut \u00eatre silencieux et pourtant pleinement heureux. Encore quelques discussions, quelques rires, et surtout le plaisir de savoir que c’\u00e9tait tout simplement notre journ\u00e9e. Marcher, les montagnes, manger, dormir. Parfois, il n’en faut pas plus.<\/p>\n D’apr\u00e8s mon Strava<\/strong>, nous avons parcouru 12 km<\/strong>, avec 1 100 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et 680 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 n\u00e9gatif<\/strong>. Et oui, on le ressent, mais on serait pr\u00eat \u00e0 recommencer tout de suite.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Pendant l’ascension, nous sommes pass\u00e9s devant un petit bar<\/strong> o\u00f9 l’on pouvait se procurer une boisson fra\u00eeche et go\u00fbter une sp\u00e9cialit\u00e9 locale : la flija<\/strong>. C’est un plat embl\u00e9matique de l’Albanie et du Kosovo qui ressemble \u00e0 une pile de cr\u00eapes<\/strong>, mais qui est en r\u00e9alit\u00e9 plut\u00f4t sal\u00e9. Il est cuit couche par couche, enduit \u00e0 chaque fois de beurre et de cr\u00e8me ou de kaymak, souvent lentement et avec beaucoup de patience. Simple dans ses ingr\u00e9dients, mais tellement riche en saveurs, on sent tout de suite que c\u2019est un plat habituellement pr\u00e9par\u00e9 pour \u00eatre partag\u00e9.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Le quatri\u00e8me jour a commenc\u00e9 par un court trajet en navette vers le point de d\u00e9part de la randonn\u00e9e. Et ce trajet \u00e0 lui seul a \u00e9t\u00e9 un moment inoubliable. En effet, l’ambiance s’est rapidement transform\u00e9e en soir\u00e9e disco, car certains en avaient envie, et le chauffeur aussi, en secret.<\/p>\n Nous sommes descendus, avons commenc\u00e9 \u00e0 marcher et, apr\u00e8s un bon deux kilom\u00e8tres dans le brouillard, je me suis dit : \u00ab Bon, c’est le moment, je vais faire une petite vid\u00e9o. \u00bb Seulement\u2026 je ne trouvais pas mon t\u00e9l\u00e9phone. J\u2019ai d\u2019abord cherch\u00e9 tranquillement, en me disant : \u00ab Il est s\u00fbrement dans une des poches \u00bb. Mais non, j\u2019ai ouvert mon sac \u00e0 dos, j\u2019ai tout sorti, j\u2019ai regard\u00e9 encore une fois, j\u2019ai t\u00e2tonn\u00e9. Rien. Et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que je l\u2019avais vu pour la derni\u00e8re fois dans le minibus.<\/p>\n Curieusement, \u00e7a ne m\u2019a pas trop inqui\u00e9t\u00e9. C\u2019\u00e9tait un peu emb\u00eatant, mais je me suis surtout dit : \u00ab Bon, on va bien trouver une solution. \u00bb Je suis donc all\u00e9 voir le guide local qui marchait en t\u00eate et je lui ai racont\u00e9. Il a tout de suite appel\u00e9 le chauffeur, mais celui-ci ne l\u2019a pas trouv\u00e9. Un peu d\u00e9\u00e7u, mais on a continu\u00e9 \u00e0 marcher.<\/p>\n Et c’est \u00e7a qui est g\u00e9nial avec le trek : on respire litt\u00e9ralement l’air frais et on se lib\u00e8re l’esprit. Au fur et \u00e0 mesure qu’on avance, les choses s’\u00e9claircissent d’elles-m\u00eames. Soudain, je me suis dit : \u00ab Attends\u2026 avec cette soir\u00e9e disco dans le minibus, et tout le monde qui bougeait, peut-\u00eatre que mon t\u00e9l\u00e9phone a simplement gliss\u00e9 entre les si\u00e8ges. \u00bb J’ai donc demand\u00e9 au guide s’il pouvait rappeler, mais en pr\u00e9cisant bien : \u00ab Regarde entre les si\u00e8ges. \u00bb Et bien s\u00fbr. Il \u00e9tait l\u00e0, le probl\u00e8me \u00e9tait r\u00e9solu.<\/p>\n Seulement\u2026 \u00ab r\u00e9solu \u00bb est un terme relatif en montagne. Car faire apporter rapidement son t\u00e9l\u00e9phone au camp suivant n\u2019est pas si \u00e9vident l\u00e0-bas. J\u2019ai donc d\u00fb attendre notre retour \u00e0 Theth pour le r\u00e9cup\u00e9rer. Heureusement, j\u2019avais mon appareil photo pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 avec moi, je pouvais donc toujours prendre des photos.<\/p>\n La randonn\u00e9e en elle-m\u00eame \u00e9tait d’ailleurs vraiment g\u00e9niale. Des vues magnifiques, le genre de journ\u00e9e o\u00f9 l’on ne cesse de regarder autour de soi en se demandant : comment cela peut-il \u00eatre encore plus beau \u00e0 chaque fois ? Et puis une fois \u00e0 Dob\u00ebrdol<\/strong>\u2026 pour moi, c’\u00e9tait de la pure magie. J’avais l’impression que nous entrions dans un tout autre monde. Un peu l’ambiance du Kirghizistan, m\u00eame si je n’y suis jamais all\u00e9e, mais c’est ainsi que je me l’imaginais : vaste, calme, verdoyant, ouvert. Comme si la vall\u00e9e adoucissait tout. On entend les cloches des vaches, on voit de l’herbe qui semble s’\u00e9tendre \u00e0 l’infini et on a vraiment le sentiment d’\u00eatre au milieu de nulle part.<\/p>\n D’apr\u00e8s mon Strava<\/strong> : 15,1 km, 1 010 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et 360 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 n\u00e9gatif<\/strong>, mais surtout : une de ces journ\u00e9es qui restent grav\u00e9es dans la m\u00e9moire. Gr\u00e2ce aux panoramas, gr\u00e2ce \u00e0 Dob\u00ebrdol\u2026 et oui, aussi gr\u00e2ce \u00e0 toute cette aventure \u00ab o\u00f9 est mon t\u00e9l\u00e9phone \u00bb.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Le cinqui\u00e8me jour a sans doute \u00e9t\u00e9 mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de toute la semaine. Se r\u00e9veiller \u00e0 Dob\u00ebrdol<\/strong> est une exp\u00e9rience tout simplement incroyable. On ouvre la fermeture \u00e9clair de la tente et la premi\u00e8re pens\u00e9e qui vient \u00e0 l’esprit est : c’est trop beau<\/strong>. Trop unique. Est-ce vraiment l’Europe ? Tout est vaste, calme et verdoyant. Il y a des vaches, des chevaux et des moutons partout, et cet air frais de montagne qui vous r\u00e9veille instantan\u00e9ment. On a l\u2019impression d\u2019avoir atterri dans une sorte de tableau.<\/p>\n Nous avons recommenc\u00e9 la journ\u00e9e par un copieux petit-d\u00e9jeuner, car aujourd\u2019hui, une v\u00e9ritable journ\u00e9e de randonn\u00e9e \u00e9tait au programme. Il \u00e9tait possible de prendre un petit raccourci au d\u00e9but pour ceux qui avaient trouv\u00e9 les premiers jours un peu difficiles, mais j\u2019ai d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi de faire le parcours complet.<\/p>\n Le d\u00e9but a \u00e9t\u00e9 tout de suite intense, ce n’\u00e9tait que de l’ascension. Le genre de passage o\u00f9 il faut simplement trouver son rythme et ne pas trop regarder devant soi. C’est dur, mais d’une certaine mani\u00e8re, c’est aussi addictif. On sent son corps travailler, et l’esprit se vide tout seul.<\/p>\n Et puis\u2026 le point des trois fronti\u00e8res. W O W<\/strong>. Je ne m\u2019attendais pas \u00e0 ce que cela me fasse autant d\u2019effet. Le Mont\u00e9n\u00e9gro, l\u2019Albanie et le Kosovo qui se rejoignent l\u00e0, au milieu d\u2019un paysage montagneux si pr\u00e9serv\u00e9. Pas de barri\u00e8res, pas de foule, pas de \u00ab voici une attraction \u00bb. Juste la nature. Et tu te tiens l\u00e0 et tu te dis : o\u00f9 trouve-t-on encore \u00e7a ? Ce moment \u00e9tait impressionnant.<\/p>\n Le reste de la journ\u00e9e n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019une longue succession de surprises<\/strong>. Des panoramas qui ne cessaient de changer, des sentiers passant du rocheux au verdoyant, des portions de for\u00eat, des cr\u00eates\u2026 et \u00e0 chaque fois, cette impression : comment cela peut-il \u00eatre encore plus beau ? J\u2019ai aussi beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 le fait que, sur un tel sentier, on puisse choisir son propre rythme. J’aimais bien discuter avec mes nouveaux amis, mais je prenais aussi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le temps de marcher seule. Un moment dans ma t\u00eate, sans paroles. Et ce qui est sympa, c’est que c’est tout \u00e0 fait normal. Personne ne trouve \u00e7a bizarre, tout le monde comprend \u00e7a.<\/p>\n Vers midi, nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 un magnifique lac o\u00f9 l’on pouvait se baigner. Certains s’y sont jet\u00e9s tout de suite, mais je n’avais pas beaucoup d’\u00e9nergie \u00e0 ce moment-l\u00e0, j’ai donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 profiter d’un petit en-cas. Et le soir, on dort au bord d’un lac \u00e0 Plav<\/strong>, o\u00f9 l’on peut aussi se baigner (au coucher du soleil<\/strong> \ud83d\ude0d)<\/p>\n \u00c0 la fin de la journ\u00e9e, nous avons pris une petite navette pour rejoindre la prochaine maison d’h\u00f4tes. Apr\u00e8s, d’apr\u00e8s mon Strava, 16,8 kilom\u00e8tres, 650 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et 910 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 n\u00e9gatif<\/strong>, c’\u00e9tait franchement tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9. Arriv\u00e9e, un petit moment pour se poser, puis directement dans le lac, car le soleil allait bient\u00f4t se coucher.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Pour moi, c’\u00e9tait une journ\u00e9e pleine de suspense<\/strong> : j’ai le vertige, et les guides nous avaient dit que si on avait le vertige, il valait mieux rester pr\u00e8s d’eux ce jour-l\u00e0.<\/p>\n Nous avons commenc\u00e9 tranquillement par un petit-d\u00e9jeuner avec vue sur le lac de Plav<\/strong>. Le genre de matin\u00e9e o\u00f9 l\u2019on en oublierait presque qu\u2019il va bient\u00f4t falloir se remettre s\u00e9rieusement \u00e0 marcher. Ensuite, nous avons fait un court trajet jusqu\u2019au point de d\u00e9part et, \u00e0 peine cinq minutes plus tard, nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 en train de grimper. D\u2019abord une longue mont\u00e9e en pente douce \u00e0 travers la for\u00eat. Pas dramatique au premier abord, mais suffisamment pour que \u00e7a se fasse sentir dans les jambes.<\/p>\n Et puis, tout \u00e0 coup, on d\u00e9bouche sur une prairie fleurie<\/strong> si belle qu’on dirait que quelqu’un l’a d\u00e9cor\u00e9e expr\u00e8s. Des \u00e9pilobes violets partout, les montagnes en arri\u00e8re-plan\u2026 un tableau parfait. Le genre de moment o\u00f9 l’on s’arr\u00eate un instant, non pas parce qu’on est \u00e0 bout de souffle, mais parce que nos yeux ont besoin de temps.<\/p>\n Bon. Ensuite, est venu le passage que je redoutais un peu : le \u00ab Stairway to Heaven \u00bb. Une mont\u00e9e raide d’environ 150 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9<\/strong>, un v\u00e9ritable escalier naturel jonch\u00e9 de cailloux instables o\u00f9 il faut \u00eatre tr\u00e8s vigilant. Pour quelqu’un qui n’a pas le vertige, c’est sans doute juste \u00ab difficile \u00bb. Pour moi, c’\u00e9tait aussi un travail mental. Je me suis d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment repli\u00e9e sur moi-m\u00eame : ne pas trop regarder \u00e0 gauche ou \u00e0 droite, me concentrer sur le guide devant moi, le sentier et ma respiration.<\/p>\n M\u00eame si je ne pouvais m’emp\u00eacher de jeter un coup d’\u0153il en arri\u00e8re de temps en temps. Le lac de Plav devient de plus en plus petit derri\u00e8re soi, et soudain, tout ce monde montagneux s’ouvre devant vous. Une fois arriv\u00e9e en haut, j’\u00e9tais surtout fi\u00e8re : bon, je suis encore en vie.<\/p>\n S’ensuivit l’un des plus beaux tron\u00e7ons du Balkan Trail<\/strong> <\/a>: sur la cr\u00eate et le long de sommets o\u00f9 l’on se croirait un instant au Canada. Des sentiers \u00e9troits entre les conif\u00e8res, une vue sur les pics au loin, et \u00e0 chaque instant cette impression de se promener dans un documentaire sur la nature. Nous avons d\u00e9jeun\u00e9 avec une vue panoramique sur les g\u00e9ants montagneux du Mont\u00e9n\u00e9gro<\/strong>.<\/p>\n Le reste de la journ\u00e9e a surtout \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 la descente. Des sentiers de montagne \u00e9troits, des petits lacs et beaucoup de papillons. En chemin, nous sommes pass\u00e9s devant un petit bar qui tombait \u00e0 point nomm\u00e9. L’occasion de s’abriter un instant du soleil, de boire une boisson fra\u00eeche et de caresser l’effigie de l’ours local.<\/p>\n D’apr\u00e8s mon Strava<\/strong> : 15,3 km, 755 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et 1 110 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 n\u00e9gatif<\/strong>. Et malgr\u00e9 mon vertige : une journ\u00e9e o\u00f9 je me suis dit apr\u00e8s coup\u2026 que je la referais sans h\u00e9siter.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n Le septi\u00e8me jour a commenc\u00e9 par une exp\u00e9rience que je n’oublierai jamais : un plongeon glacial dans l’un des Blue Eyes<\/strong>.<\/p>\n L’eau \u00e9tait d’une beaut\u00e9 incroyable. Mais belle ou pas\u2026 elle \u00e9tait glaciale<\/strong>. Heureusement, les guides ont bien g\u00e9r\u00e9 la situation : on a d’abord fait un exercice de respiration tous ensemble pour pr\u00e9parer un peu notre corps, puis chacun s’est vu attribuer un bin\u00f4me pour veiller l’un sur l’autre dans l’eau. C’\u00e9tait \u00e0 la fois s\u00e9curisant et un moment sympa \u00e0 partager en groupe. Beaucoup se sont jet\u00e9s \u00e0 l’eau, tout le monde a tenu environ une minute. Apr\u00e8s, on se sent tellement vivant. C’est le genre d’exp\u00e9rience \u00e0 ne pas manquer. Tout \u00e9teindre un instant, vider son esprit, se reconnecter \u00e0 son corps.<\/p>\n Nous sommes partis pour la derni\u00e8re randonn\u00e9e en direction de Theth, et cette \u00e9tape \u00e9tait \u00e0 nouveau d’une beaut\u00e9 absurde<\/strong>. On marche \u00e0 travers ces vall\u00e9es o\u00f9 on ne sait litt\u00e9ralement pas o\u00f9 donner de la t\u00eate. \u00c0 gauche, des parois rocheuses, \u00e0 droite, des flancs verdoyants, devant soi, un sentier qui traverse le paysage comme s’il avait toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0. \u00c7a n’en finissait plus.<\/p>\n Et puis cette pause de midi\u2026 je ne l’oublierai jamais. Nous avons mang\u00e9 \u00e0 l’ombre d’un arbre, en compagnie de centaines de papillons<\/strong>. Il y en avait un sur mon genou, un autre sur mon \u00e9paule, et m\u00eame un sur mon nez. On se serait cru dans un film de Disney.<\/p>\n Cette derni\u00e8re journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 plus difficile que je ne le pensais. Sur le papier, c’\u00e9tait \u00ab la derni\u00e8re journ\u00e9e \u00bb, mais en r\u00e9alit\u00e9, il y avait encore beaucoup de d\u00e9nivel\u00e9 \u00e0 franchir et surtout beaucoup de descentes. Ici, les b\u00e2tons de marche valent vraiment leur pesant d’or.<\/p>\n Nous avons suivi la vall\u00e9e de Ropojana<\/strong> en direction de la fronti\u00e8re et on avait l\u2019impression que le temps s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 l\u00e0-bas : une r\u00e9gion calme et vaste qui \u00e9tait autrefois pr\u00eate pour un conflit qui n\u2019a finalement jamais eu lieu. Aujourd\u2019hui, on s\u2019y prom\u00e8ne simplement, une exp\u00e9rience unique, et heureusement, vos guides s\u2019occupent de toutes les autorisations.<\/p>\n Et puis vient ce moment o\u00f9 tout se met en place. On voit la fin approcher, on r\u00e9alise qu\u2019on a vraiment r\u00e9ussi, et soudain, la fatigue fait place \u00e0 une fiert\u00e9 pure. Encore un petit verre \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, quelques high fives, quelques \u00ab on l\u2019a fait, tout simplement \u00bb, puis la navette est venue nous chercher pour nous ramener au camp de base.<\/p>\n Et il \u00e9tait l\u00e0 : mon t\u00e9l\u00e9phone. J’\u00e9tais surtout soulag\u00e9 pour des raisons pratiques, mais honn\u00eatement ? J’aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 retourner \u00e0 une semaine sans. Je m’\u00e9tais secr\u00e8tement d\u00e9j\u00e0 tout \u00e0 fait habitu\u00e9 \u00e0 cette version de moi-m\u00eame sans t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n De retour au camp de base, l’ambiance \u00e9tait particuli\u00e8rement conviviale : bavardages, un dernier verre, puis retour dans la tente pour la toute derni\u00e8re fois. Fatigu\u00e9, combl\u00e9, et avec cette sensation typique que l’on ne ressent qu’apr\u00e8s un trek : comme si ma t\u00eate avait \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement r\u00e9initialis\u00e9e.<\/p>\n D’apr\u00e8s mon Strava<\/strong> : 17,4 km, 906 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et 890 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 n\u00e9gatif<\/strong>. Au total, le Balkan Trail<\/strong><\/a> repr\u00e9sentait environ 75 km<\/strong> de marche avec 4 200 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9<\/strong>, mais pour moi, ce fut une aventure infiniment belle.<\/p><\/div>\n\t <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\nPourquoi j’attendais avec tant d’impatience cette semaine parmi les sommets des Balkans<\/h2> \t\t
Le Balkan Trail jour apr\u00e8s jour : ma semaine sur les Pics des Balkans avec Travelbase<\/h2>
Jour 1 : d\u00e9part individuel, arriv\u00e9e en groupe \u00e0 Tirana<\/h3> \t\t
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Go\u00fbtez \u00e0 la sp\u00e9cialit\u00e9 locale, la \u00ab Flia \u00bb<\/h4> \t\t
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